Difficile de se pencher sur la question de la santé au naturel sans tomber tôt ou tard sur les notions de terrain physiologique et d'équilibre acido-basique. Claude Bernard, fondateur de la médecine expérimentale, à qui l’on doit notamment les notions de milieu intérieur et d’homéostasie a un jour déclaré « Béchamp a raison, le microbe n’est rien, c’est le terrain qui est tout, Pasteur est fou ! ». L’histoire de la médecine moderne aura malheureusement suivi la voie de Pasteur envers et contre tout. Mais au fond qu’est-ce qui se cache derrière ce terrain si cher à Antoine Béchamp ?

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pH alcalin VS pH acide

La notion de terrain est le plus généralement rattachée au qualificatif acide ou basique, c’est-à-dire alcalin. Le pH (potentiel hydrogène) est l’échelle de mesure de cet état. La gradation va de 1 à 14 et tout ce qui est en dessous de 7 est considéré comme acide tandis qu’au-delà de cette valeur ce trouve l’alcalinité. Lorsqu’on parle de pH il existe une sorte de flou entre les tissus, les liquides extra et intracellulaires et le sang. Les tissus sont constitués de cellules qui elles-mêmes sont gorgées de liquide et baigne dans du liquide. C’est ce qu’on appelle les liquides intra et extracellulaire. C’est à travers eux que la cellule s’aliment et se débarrasse de ces déchets. Disons donc que nous avons d’un côté les tissus et de l’autre le sang. Il se trouve que leur pH sont opposés. Si l’un est acide, l’autre sera basique et inversement. Lorsqu’on parle de terrain acide, on pointe l’état des tissus et non celui du sang. Vous l’aurez compris, celui-ci sera alors alcalin.

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Système tampon pour protéger les paramètres du sang

En réalité, notre sang ne peut pas se permettre de jouer au yoyo entre l’acidité et l’alcalinité. Pour éviter le pire, il doit se maintenir entre 7,38 et 7,42 de valeur de pH. Pour ce faire nous avons un mécanisme subtil et précis qui régule le pH du sang ; le système tampon. Ce dernier fait partie des processus homéostatiques mis en évidence par Claude Bernard. Ce système consiste en l’apport de base, c’est-à-dire de minéraux, lorsque le sang est amené à recevoir beaucoup d’acide, comme par exemple lorsqu’un individu boit un verre de Coca-Cola. Dans ce cas, le corps va tirer au plus vite des minéraux qu’il aura stockés pour tamponner les acides. Le corps étant doté d’une grande intelligence, il ira puiser en priorité dans les réserves qui portent le moins préjudice à ses fonctions vitales. En premier lieu, il ira chercher dans les apports récents de notre alimentation (c’est apport est malheureusement devenu très pauvre ou inexistant de nos jours), ensuite il ira chercher dans les dents s’il s’agit d’un enfant qui a encore ses dents de lait (le corps sait qu’il en refera d’autres), ensuite viennent les cheveux (le pourcentage de calvitie héréditaire n’est pas si grand), et puis les tissus et les os.

Les limites du système tampon

Au bout d’un moment, si les arrivées d’acides ne se calment pas, il va y avoir accumulation. On dira alors que le terrain s’acidifie. Dès lors, la valeur pH du sang va se décaler un peu plus loin dans l’alcalinité. La raison de ce changement est simple. Le sang va d’une part augmenter ses réserves alcalines pour faire face aux agressions à répétitions et d’autre part être occupé à véhiculer les bases (minéraux) d’une partie du corps à une autre où les tissus sont acidifiés. A l’inverse, un sang dont la valeur tend plus vers 7,38 de pH témoignera d’un terrain alcalin.

Conséquences de l’acidification du terrain

Un terrain acide va entrainer une cascade de perturbations métaboliques. La capacité du corps à absorber les minéraux et les nutriments va être amoindrie. La production d’énergie au sein des cellules va s’effondrée. Le pouvoir du corps à se régénérer et à se réparer va décliner, tout comme sa capacité à éliminer les toxines. Bref, vous l’aurez compris, lorsqu’on met un pied dans cet engrenage, on se retrouve vite happé par une spirale infernale qui conduit vers un large ensemble de symptômes que l’on qualifiera de maladies.

Les clefs contre l’acidification

Respirer, résoudre nos nœuds émotionnels en faisant appels aux thérapies adéquates, gérer son stress, manger des fruits et des légumes d’origine biologique en abondance, éviter les excès de viande rouge, de café, d’alcool, de produits industriels, de sodas et de produits laitiers, se libérer autant que possible des addictions au tabac et autres drogues, bannir les sucres raffinés, pratiquer régulièrement de l’exercice physique de façon modérée, rire, aimer et cultiver la joie.

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