La force du trois

Le chiffre trois est loin d’être anodin. Il revient comme un refrain dans de très nombreux courants spirituels et mystiques. Il y a bien sûr la trinité chrétienne, les trois Joyaux du bouddhisme (Bouddha, Dharma, Sangha), le Trimûrti indou (Brahma, Vishnou, Shiva), le trio divin vénéré par l’Egypte antique ; Osiris, Isis et Horus. Les Celtes avaient quant à eux le Triskel (qui se traduit par trois rayons) et les taoistes travaillaient avec les trois entités agissantes de l’univers ; c’est-à-dire le Ciel, la Terre et l’Homme. Pour eux, le Tao engendre le Un. Le Un engendre le deux (le Ying et le Yang) et le deux engendre le trois (Sancai : Ciel-Terre-Homme). Finalement, c’est à partir du trois que l’univers peut être engendré.

Je pourrais continuer ainsi pendant longtemps, mais je crois que nous pouvons déjà nous accorder sur le fait que ce chiffre trois n’est pas banal et qu’il a interpellé l’Homme depuis la nuit des temps. On le retrouve d’ailleurs aussi au cœur des deux plus grandes traditions médicinales de l’humanité. En effet, l’ayurvéda considère trois énergies vitales ; Vata, Pitta et Kapha. Ces trois doshas sont tenus pour responsables de tous les processus physiologiques et psychologiques de notre corps et de notre esprit. La médecine traditionnelle chinoise s’intéresse quant à elle à trois foyers de combustion dans le corps et à trois niveaux d’énergie (superficiel, intermédiaire et profond).
Mon propos est ici de relier toutes ces visions pour découvrir ensemble la connaissance essentielle qui se cache derrière ce concept symbolique du trois.
Notre science actuelle reconnait l’existence de quatre forces dites fondamentales. La force nucléaire forte, qui est la plus puissante et que l’Homme exploite dans les centrales nucléaires, et ensuite les forces électromagnétique, gravitationnelle et nucléaire faible. Ce modèle pose depuis plusieurs décennies question. En effet, les chercheurs sont en quête d’une théorie unificatrice qui permettrait de comprendre et d’expliquer d’où viennent ces quatre forces et ce qui les relie entre-elles.
Toujours est-il, qu’à un autre niveau de compréhension et de perception, il n’existe en fait que trois forces, ou trois pouvoirs dans l’univers. Aucune autre énergie, ou aucun autre processus n’a besoin d’être invoqué pour expliquer et définir l’Existence et l’expérience que nous en faisons.
C’est trois forces sont la CRÉATION, la PRÉSERVATION et la DESTRUCTION.
A partir de ces trois énergies, tout est possible !

L’Univers s’exprime selon un modèle fractal

Lorsqu’on observe la vie et l’univers, nous pouvons constater que toute l’existence est établie sur le principe fractal. Une figure fractale est un objet mathématique, dont la structure est invariante par changement d’échelle. Cela signifie que l’on peut voir les mêmes choses à quelques niveaux du micro et du macrocosme que l’on se situe. Je peux donc retrouver la vérité de ces trois forces en observant la vie d’une cellule, d’un arbre, d’une étoile, d’une galaxie ou de l’univers (sauf que bien sûr, pour ce dernier, nous sortons du cadre de la temporalité humaine).

Prenons un exemple pour illustrer ce principe. Une étoile nait sur base d’éléments qui se concentrent (phase de création). Ces éléments constitutifs viennent des nuages interstellaires, et les atomes contenus dans ces derniers sont issus du cœur d’autres étoiles. Une étoile apparait donc sur base d’éléments engendrés par d’autres étoiles. L’astre lumineux vit ensuite en consumant des ressources (hydrogène et hélium) qui lui permettent de maintenir sa combustion, et se faisant elle dégage de l’énergie (phase de préservation). Et un jour l’étoile finit par s’éteindre en s’effondrant sur elle-même (phase de destruction).

Prenons maintenant une cellule. Comme l’étoile, elle est de forme sphérique, mais à une toute autre échelle. La cellule nait sur base d’éléments qui l’entourent et grâce à une autre cellule. Comme pour l’étoile, elle existe du fait d’autres cellules préexistantes. Ensuite, elle consomme des éléments captés dans son environnement et dégage de l’énergie. Un jour, elle finit par mourir en s’effondrant sur elle-même. Ceci n’est qu’un exemple parmi une infinité d’autres. Je vous invite vivement à jouer avec ce principe pour découvrir dans votre propre expérience les liens qui permettent de mettre tous les éléments de la vie en résonnance. C’est absolument fabuleux de constater que ce que nous pouvons déduire d’essentiel de n’importe quelle observation peut s’appliquer à tout l’univers.

Voici un autre exemple pour que vous puissiez mieux sentir comment cela fonctionne. Si les Hommes polluent les cours d’eau, la flore environnante souffre et devient malade. La faune qui consomme ces végétaux devenus toxiques s’affaiblit et c‘est tout l’écosystème qui se meurt. De la même manière, si une personne déverse dans ses cours d’eau intérieurs, c’est-à-dire dans son sang et sa lymphe des produits néfastes (cf. mauvaise alimentation et pollution), ses cellules vont commencer à dysfonctionner et petit à petit certains organes, qui peuvent être comparés à des écosystèmes, vont tomber malades.

La lumière et le prisme

En suivant cette logique de la fractale, penchons-nous ensemble sur le phénomène de la lumière blanche du soleil. Laissons-la traverser un prisme, c’est-à-dire un bloc de verre taillé avec aux trois faces sur une base triangulaire (version la plus simple). Que va-t-il se passer ? Le faisceau de lumière blanche va se diviser en sept couleurs. Nous connaissons tous ce phénomène fascinant qui s’appelle la dispersion de la lumière.

Cela nous montre qu’une énergie unique chargée d’un potentiel d’information (ici la lumière blanche) a besoin de rencontrer une structure basée sur le trois (le prisme) pour déployer tous son contenu. En termes de couleurs, il n’y a rien de plus à ajouter. Tout est contenu dans la lumière blanche et rendu manifeste à travers le trois. Les chrétiens ont exprimé quelque chose de fort similaire en affirmant que le dieu unique se rend manifeste à travers la trinité.

Toujours à propos des couleurs, notons au passage qu’il suffit des trois couleurs primaires pour créer toutes les autres.

A l’échelle de l’univers, extrapolons le phénomène que nous venons de voir selon la logique de la fractale. Nous devrions pouvoir nous appuyer sur le même principe pour découvrir comment se comporte l’énergie unique et primordiale qui sous-tend toutes manifestations. Il faut donc que cette énergie traverse une structure basée sur le trois. Et cette dernière est, selon l’expérience et la compréhension qui m’ont été offertes, fondée sur les trois forces dont je vous ai déjà parlé, à savoir la création, la préservation et la destruction.

A l’échelle des Hommes, la vie doit passer à travers le prisme du père, de la mère et de l’enfant pour offrir toute sa richesse et pouvoir se déployer. Vous commencez à voir le principe. Il pénètre tous les niveaux de toutes les dimensions.

Apprendre à vivre aligné et centré

Redescendons au niveau plus relatif de notre existence. Que peut-on faire de ces observations et des trois forces ? En quoi cela peut nous être utile dans notre vie terrestre ? Avant d’aller plus loin, laissez-moi vous donner ma définition de cette vie dont nous jouissons ici sur terre. La vie est une énergie qui lorsqu’elle passe à travers le prisme « naissance-existence-mort » engendre une large palette d’expériences. Et comme nous avons vu que l’univers est un système fractal, nous pouvons déduire quelque chose de notre observation de la lumière. Si le faisceau blanc donne sept groupes de couleur, il y a fort à parier que le faisceau de la vie engendre sept grandes catégories d’expériences. Je reviendrai une autre fois sur ce sujet passionnant. Pour l’heure ce que je souhaite mettre en lumière est la mise en pratique de cette compréhension.

Il y a une roue qui tourne et cette roue est celle de la transformation et du changement. Les cultures bouddhiste et hindouiste l’appellent d’ailleurs la roue du Dharma, c’est-à-dire la roue de la Loi Universelle. Et cette dernière s’appuie sur les trois forces dont je vous parle. Tout comme on ne peut pas s’opposer à la loi de la gravité, il n’est pas possible de contourner cette Loi Universelle.

Notre but devrait donc être de la comprendre et de nous aligner sur elle. On peut bien-sûr l’ignorer ou lui résister, mais cela n’amène que souffrance et désolation dans notre existence.
Comme il n’existe pas un seul point de l’univers qui puisse déroger à cette Loi, elle est forcément aussi active et présente en nous. En réalité, selon le principe de la fractale, l’univers dans son entièreté et dans ses moindres détails est inscrit au cœur de l’Homme. Regardons donc à l’intérieur de nous-mêmes et nous auront accès à toute la connaissance. Ou comme les grecs l’avaient gravé sur le fronton du temple de Delphes, « Connais-toi toi-même et tu connaîtras l’Univers et les Dieux ».

Quelle est notre principale source d’énergie vitale ? La nourriture, nous sommes d’accord n’est-ce pas ! Avez-vous remarqué que nos aliments naturels sont de la lumière blanche transformée par les végétaux. Ces derniers permettent aux animaux de s’alimenter et de vivre, mais que l’on mange des animaux ou des végétaux, la base est la même. C’est la photosynthèse qui est à l’origine de ce qui vit sur cette terre. Donc nous mangeons de la lumière transformée. Celle-ci, pour nous alimenter, doit passer à travers le prisme des règnes minéral, végétal et animal. Toujours le trois !
Pour nous les mammifères, la première des trois forces réside dans notre système digestif. C’est là que se crée notre énergie et les ressources dont notre corps à besoin. Si vous n’êtes pas convaincu, arrêtez de manger quelques semaines et observez votre vitalité et l’évolution de l’état de votre corps.
La deuxième force se situe au niveau de notre cœur et donc de notre capacité à aimer. Comment préserver notre corps, notre santé et nos relations sans amour ? C’est impossible ! Sans un minimum d’amour pour soi et la vie, on s’autodétruit rapidement. Cet espace du cœur est donc le siège de l’énergie qui nous permet de prendre soin et de faire durer.
Et finalement, la troisième force, celle qui détruit, se situe au niveau de notre tête. N’est-ce pas la pensée qui nous fait désirer que les choses soient autrement que ce qu’elles sont ? Et s’il on veut changer notre réalité, nous devons abandonner l’ancien, le laisser mourir. Il est détruit pour laisser la place à une nouvelle réalité. Cela n’est bien-sûr ni bien ni mal et encore moins tragique. C’est juste la Loi qui veut que tout se transforme et que rien ne puisse être permanent (à part l’impermanence !).
Nous avons donc le système digestif pour la force de création, le cœur pour la préservation et la tête pour la destruction.

 

Revenir au cœur de l’être

Mais tout bon alchimiste s’exclamerait ici « ce qui est en haut est comme ce qui est en bas ! ». Et bien-sûr il aurait absolument raison. Il est vrai que la tête crée des idées neuves et que le ventre détruit des aliments pour en tirer des nutriments. Seul le cœur qui est au centre ne bouge pas, lui il est là pour aimer et c’est tout. Et quand je dis « c’est tout », je parle bien de totalité. En effet, il n’y a rien qui ne soit constant dans l’Univers si ce n’est l’Amour et je vais vous le démontrer.

Revenons au chiffre trois et aux trois forces et comparons les à une balance à plateaux. Cette dernière est également composée de trois éléments, dont deux sont mobiles et interchangeables (les plateaux) et un est fixe et centrale (la colonne). Les plateaux symbolisent donc ici les forces de création et de destruction qui sont toujours proportionnelles et la colonne, pilier d’équilibre représente l’Amour, le cœur du dispositif.

S’il devait y avoir le moindre déséquilibre entre ce qui parait se créer et se détruire, l’Univers cesserait d’Etre. C’est ce que nous montre le principe de Lavoisier.
En considérant cela, une irrésistible envie me vient. A l’affirmation de Descartes « je pense donc je suis », je brûle de rétorquer « l’Amour est donc Cela existe ».
René était un homme inspiré et intelligent, mais il n’y a pas pour autant de logique dans sa formule « cogito ergo sum ». Certes la pensée et l’être sont, mais cela ne prouve en rien qu’il y ait un « je ». A sa décharge, son époque était celle de la lutte pour la raison face aux ténèbres de l’obscurantisme religieux.

Mais revenons à l’équilibre de notre balance universelle. Puisque rien ne se perd et que rien ne se crée, mais que tout se transforme, nous obtenons une constante.
Or nous avons vu plus haut que seule l’impermanence est permanente et que l’Amour est l’élément de stabilité entre les forces de création (ventre) et de destruction (tête). Nous obtenons donc une équivalence entre la transformation, l’impermanence et l’Amour. Trois manières différentes d’exprimer la constante de l’Univers.
En prenant le temps de laisser infuser ces constats en nous, nous nous ouvrons à une vie nouvelle. Une existence où nous nous centrons dans le cœur par la profondeur de notre compréhension de la Loi. La peur n’a plus de place pour exister dans une telle lumière. Car qu’est-ce qui nous fait peur si ce n’est le changement ? Le changement des petites choses comme le travail, les ruptures, les habitudes, ou des grandes choses comme la maladie et la mort. Mais dès lors que l’on se laisse pénétrer jusqu’à la moelle par le flot du perpétuel changement, on est libre. Libre car nous sommes ce flot, nous ne sommes pas séparé du Tout quoiqu’en disent nos sens et nos croyances. L’essence même de ce flot est l’Amour. Le « je » et le « moi » n’ont aucune réalité, ce ne sont que des bulles fugaces à la surface de ce courant infini… de brèves illusions.
L’amour est ce qui élève, protège, soutient, nourrit et permet de grandir, comme le fait naturellement une mère. N’avez-vous pas remarqué que l’Univers nous offre cela à chaque instant ? Nous recevons un cadre pour évoluer, nous recevons toutes les ressources dont nous avons besoin pour vivre et grandir en sécurité sur cette terre La lumière, l’oxygène, la nourriture, la chaleur, les plantes médecines, la beauté et une infinité d’autres choses nous sont données de façon inconditionnelle. Cet Amour universel est comparable à un soleil. Il rayonne dans toutes les directions et nous offre une palette d’expériences au-delà de ce que nous pouvons imaginer.

Pour retrouver l’harmonie et l’unité, la joie et la béatitude qui sont des expressions naturelles de notre véritable nature, c’est au centre qu’il est bon de s’installer. Beaucoup de gens parlent de centrage et de l’importance de se centrer. Mais peu sont ceux qui comprennent ce que cela signifie. Il y a deux aspects à prendre en considération pour parvenir à aller dans cet espace. Le premier est géographique. Comme nous l’avons vu, le centre, c’est le cœur. C’est là que se trouve le point d’équilibre.

Au bout du compte, seul l’Amour est réel

L’Homme, lorsqu’il se tient debout face à la vie, définit un axe vertical entre la terre et le ciel. Dès lors qu’il s’ouvre pour embrasser l’existence, ses bras dessinent un axe horizontal. Son corps devient alors une croix dont le centre est habité par le cœur énergétique de son être. C’est là que se passe l’est-en-ciel !
Le deuxième aspect est le « sentir ». Pour sortir des illusions sans fin de la pensée, il n’y a qu’une seule voie possible. Et c’est très simple, on ne peut pas se tromper car il n’y a aucune autre option pour être en contact direct avec la vérité. Et ce « sentir » existe par le corps. Lorsque les maîtres zens parlent « d’ici et maintenant », c’est à cela qu’ils font références. Quand on est dans le « sentir », on n’est pas en train d’imaginer demain ou occuper à revisiter hier.
Lorsque ces deux conditions du « sentir » et du cœur sont réunies, il devient possible d’entrer en contact avec le flot de cette énergie qui sous-tend l’Univers. Et comme nous l’avons vu, cette énergie est l’Amour.
Je voudrais, en guise de conclusion et de résumer vous offrir un moyen pour ne plus oublié ce qui est le plus élevé. Imaginez que vous êtes en Egypte face à la grande pyramide. Sa base est carrée, donc composée de quatre côtés. C’est cette partie qui est en contact avec la terre, avec la matière. Cette base symbolise les quatre forces reconnues par la science qui ne s’intéresse qu’à ce qui est rationnel, matériel, carré.

Ensuite, lorsqu’on s’élève un peu, on découvre la forme triangulaire qui constitue les côtés de la pyramide. Nous passons du quatre au trois et cela représente le passage du point de vue matérialiste au point de vue spirituel. Selon celui-ci, nous n’avons plus besoin que de trois forces pour expliquer le monde.
Continuons notre ascension pour arriver au point le plus élevé. Nous accédons maintenant au sommet de l’édifice. Toutes les lignes se rejoignent pour former la pointe. Nous arrivons au chiffre un ! En réalité, il n’y a qu’une seule force, une seule lumière, une seule énergie. Pour pouvoir la rencontrer, il est nécessaire de s’élever. Et à chaque palier de cette élévation, un changement de paradigme s’opère en nous pour nous permettre le passage vers une réalité plus subtile.

L’Amour unique et inconditionnel descend donc dans la matière à travers cette structure ternaire que nous avons explorée ensemble.
De haut en bas, la pyramide nous montre le 1, le 3 et finalement le 4.
Notez que 3 + 4 = 7. Nous revenons à ce jeu de la dispersion de la lumière qui nous offre les 7 couleurs de l’arc-en-ciel. A ceux qui souhaitent retourner s’abreuver à la source, traverser le prisme dans l’autre sens et plonger dans le centre du cœur. Une fois installez là, apprenez à sentir et soyez patients.

Vous verrez avec le temps que toute la beauté, la puissance, la joie et la connaissance se trouve là de toute éternité.

 

 

Auteur: Pierre-Emmanuel Canon – Premananda

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